Le long de la plage, j'avance, pensive.
Dans la pénombre s'égarent mes mots;
Dans la mer, ils partent à la dérive,
Se laissant bercer par les flots.
C'est comme si une bouteille à la mer
Que j'aurai décapsulée à l'heure
Où les marins terminent leurs dernières,
S'ennivrerait jusqu'en profondeur.
En réponse, j'entends la mer pleurer:
Elle n'a cessé de boire mes paroles.
Mes mots abreuvés se sont noyés.
Sous mes pieds, je sens s'ouvrir le sol.
Je n'arrive plus à avancer,
Soulée par la mélodie du vent,
Je finis par être désorientée,
Je vascille, dans le sable mouvant...